jeudi 24 février 2011

& VOIR - Black Swan de Darren Aronofsky

Parce qu'une fois n'est pas coutume, ce soir vous est livrée une courte mais j'espere intense et concise review de l'époustouflant "Black Swan", sorti en France le 9 février 2011, autrement dit il y a deux semaines de cela.



 Black Swan , ou le côté obscur de la passion. On ne m'en veut pas pour le clin d'oeil bidon à Natalie Portman hein...

Les choses que l'on trouve les plus belles sont souvent les plus tristes. La passion fait partie de ces choses, illustrée avec brio dans  Black Swan , à la fois glorification brillante de la passion et violent avertissement contre celle-ci.

Un film poignant, contradictoire, miroir de la schizophrénie de l'héroïne. Nina est une danseuse discrète et douce, qui rêve d'incarner la Reine des Cygnes dans le célèbre ballet de Tchaïkovski, et sa passion pour le rôle à double tranchant du cygne blanc et du cygne noir finira par la posséder entièrement, lui faisant découvrir son propre côté sombre dans la poursuite de la perfection.
Le film est tourné la plupart du temps comme si l'on suivait l'héroïne, comme si la caméra était la présence, le souffle dans son cou, les murmures dans son oreille, ce qui ajoute à la tension dramatique. Tout cela sans compter des épisodes d'une violence presque incongrue, à la limite du gore, qui dérangent et interloquent le spectateur, le laissant aussi confus que l'esprit de la jeune danseuse.

L'angoisse, l'appréhension nous oppressent durant ces deux heures à regarder la paranoïa s'emparer de Nina, ne sachant où s'arrête la réalité pour laisser place à son imaginaire délirant, envahi par les ténèbres, engorgé par la peur d'échouer, étouffant sa confiance en elle et ses repères.
Au risque de me répéter, un pamphlet honorant les affres de la passion et la folie (oserons-nous dire meurtrière?) qui y mène, à voir absolument.




lundi 14 février 2011

& LIRE - Oscar Wilde & Le portrait de Dorian Gray.

Dans l'article sur Pilgrim de T.Findley vous était annoncée l'arrivée prochaine du magnifique Oscar Wilde sur la Parenthèse. Eh bien, le voici, plus grand, fastueux, torturé et cynique que jamais à travers son chef d'oeuvre : Le portrait de Dorian Gray!

"Chaque fois qu’on produit un effet, on se donne un ennemi. Il faut rester médiocre pour être populaire."

Tout d'abord, il est de bon ton de dire quelques mots sur l'auteur admiré : irlandais fantasque et plein d'esprit, Oscar a fait ses armes à Londres, se démarquant longtemps par sa personnalité plus que par ses écrits. Il était connu, aimé et detesté pour ses traits d'esprit parfois discutables, son humour tranchant et sa légendaire volubilité. Il prônait la théorie de l'art pour l'art et l'esthétisme était sa religion, se référant sans cesse aux canons de beauté antiques.
Après une période sociale et littéraire très heureuse, l'écrivain et défenseur du féminisme de l'époque se retrouve emprisonné par l'influent père de son amant pour "sodomie", l'homosexualité n'étant pas imaginable pour les gens bien pensants de l'époque... Et le rebelle de la haute société tombe en disgrâce, son premier amour (féminin) fuit le parjure avec ses deux enfants en Hollande sous un faux nom.
Malade depuis longtemps, Oscar finira sa vie en 1900, à l'âge de quarante-six ans, sous les toîts de Paris, sous le pseudonyme de Sébastien Melmoth. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, dans une tombe spectaculaire célébrant son art et recouverte des baisers de ses nombreux admirateurs...

Oscar et son amant Alfred Douglas

Retrouvez ici un superbe stop-motion reprenant les étapes principales de la vie d'Oscar Wilde. C'est frais, doux, et plein de poésie. Un parfait rêve esthétique.

"Dire qu'un livre est moral ou immoral n'a pas de sens, un livre est bien ou mal écrit c'est tout."

Et durant cette période faste mentionnée précédemment, le grand homme a trouvé l'inspiration en partie dans sa propre personnalité pour livrer au monde en 1891 le personnage de Dorian Gray.
Jeune homme de bonne famille aux traits parfaits et à qui l'avenir sourit, Dorian Gray rencontre chez un ami peignant son portrait le fringant Lord Henry Wotton, qui sèmera le doute dans son coeur juvénile et lui signifiant le caractère éphémère de sa jeunesse et de sa beauté. Le jeune garçon troublé fait alors le souhait de ne jamais vieillir... Ainsi, le portrait une fois terminé vieillira à la place de Dorian, sur qui le vice, la méchanceté, l'alcool et les femmes n'auront plus de prise temporelle.

"Il n’y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible."

L'auteur a semé son caractère à travers ses personnages principaux, et c'est ce qui fait toute leur richesse : son amour du beau dans le peintre Basil Hallward, qui réalisera le portrait de Dorian, son cynisme et son fatalisme dans Lord Wotton, et sa candeur, son amour de vivre et sa sociabilité dans Dorian, avant qu'il ne soit perverti.

"L'humanité se prend trop au sérieux. C'est la péché originel de notre monde. Si l'homme des cavernes avait su rire, le cours de l'histoire eut été changé."

Ce livre est, sans subjectivité aucune, parfaitement écrit. Les phrases, les mots, les virgules sont dosés de façon à faire chanter les pages, l'intrigue est menée avec douceur et finesse, en disséminant quelques passages violents de réalisme et durs à imaginer à la fois. Les thèmes de la société contemporaine, de l'amour, de la jeunesse, de la beauté, du temps, sont traités sous leur aspects les plus fascinants.
Ce qu'il faut en retenir ? le cynisme délicat, aux accents cruels mais pleins de réalisme fataliste de Lord Wotton. Mais aussi et surtout l'influence perverse de la société sur la nature humaine, une entité bien fragile et malmenée de toutes parts que Wilde a su mettre en évidence avec brio.

Un livre qui, assurément, devrait être sur la table de chevet de tout littéraire qui se respecte, aussi pour son actualité désarmante. Oscar Wilde était un visionnaire, et ce qu'il dénonçait hier est encore valable aujourd'hui. Ses vérités se dépeignent dans le comportement de nos congénères de la race humaine tous les jours.
Il nous transporte avec classe dans le Londres du 19e siècle, ses lords et ses ladies, ses codes et ses tabous. Londres, une ville chérie de l'irlandais à l'époque, mais aussi de votre serviteur, qui aujourd'hui transpose ses rêves d'indépendance à Soho, sa soif de culture à Kensington... Sa vie en somme, au pied de la Tamise.

"Il y a certaine volupté à s'accuser soi-même. Dès que nous nous blâmons, il nous semble que personne d’autre n'a plus le droit de le faire."


J'aimerais écouter mon envie de citer tous les aphorismes amusants ou critiques d'Oscar Wilde dans cet article, qu'ils soient extraits de Dorian Gray ou d'autres oeuvres, mais par souci de légèreté, je vous invite à aller en consulter une petite partie ici.

Mais pour finir je vous laisserais tout de même sur la très célèbre :

"Le meilleur moyen de faire cesser la tentation , c'est d'y succomber."

A bon entendeur....

jeudi 27 janvier 2011

& ECOUTER - In Flames


J'ai appris cette semaine via leur page Facebook que mon groupe non pas préféré mais fétiche In Flames avait achevé l'enregistrement de son (très) prochain album. Enfin ! Après des tournées à répétition et le départ - regretté - du guitariste Jesper Strombald, ils ont enfin réussi à nous caser de quoi monter un album !!!
L'article que je comptais faire sur eux depuis l'ouverture du blog n'est de toute évidence désormais plus un projet mais un devoir ! (en m'excusant d'avance pour mon manque d'objectivité.)

In Flames est un groupe de melodic death metal suédois existant depuis 1990... Vingt ans déjà !
Avec une dizaine d'albums à leur actif, ce groupe se hisse en 1ère place dans mon Top 3 des dieux live (oui, même avant Corey Taylor! - cf. le live report d'Avenged Sevenfold et Stone Sour en octobre dernier)

Les objets de mon admiration la plus vive concernant ce groupe sont leurs quatre derniers albums, à savoir Reroute to remain (2002), Soundtrack to your Escape (2004), Come Clarity (2006) et le dernier mais pas des moindres A sense of Purpose (2008)...
Albums que j'ai vu illustrer en concert à deux reprises : le 8 octobre 2008 au Zénith parisien, et le 24 novembre 2009 au Bataclan.


Bjorn, son tatouage tigré au bras droit et sa Les Paul... hum...

Il faut dire que ce n'est pas pour rien s'ils sont devenus le groupe de death le plus "populaire" de la scène metal européenne: leur son est dans la lignée des autres, sans être comme les autres, leurs live sont puissants sans être bourrins...
Les membres du groupe interagissent tous à leur façon avec le public, Anders Fridén ne manque jamais l'occasion de nous porter un toast, bière à la main, ou de faire de l'humour, ils chantent avec nous, prennent des photos pour nous... Et par-dessus tout, ils sont accessibles. Les fans peuvent partir en after avec eux, parler avec eux facilement, pour peu qu'ils en expriment l'envie et ne soient pas trop impressionnés (comme moi). Et même leur staff est agréable et se sent impliqué par le ressenti des fans ! Ces deux concerts font partie de mes meilleurs souvenirs live, ainsi que de mes meilleurs souvenirs... tout courts, pour tout avouer.


Anders Fridén en live
 Avec un chanteur qui ... chante aussi vraiment (à savoir, qui ne fait pas que screamer), In Flames ont un son plus frais que la plupart des groupes de death metal, comme  Dark Tranquility qui ont des musiciens impressionnants mais où la voix peut parfois pêcher par son manque de mélodie...

On sent un rythme différent chez In Flames, qu'on pourrait presque qualifier d' "entraînant" ou de "dansant" si l'on ne parlait pas ici de metal. Restons metalleux tout de même.
Mais pourtant, c'est cette différence qui fait leur force et leur popularité, les morceaux passent mieux pour un panel plus large. On peut faire apprécier un "Come clarity" (de l'album eponyme) à n'importe quel mélomane. Sinon, laissez tomber, vous êtes en face d'oreilles insensibles.

"i want you to lead me... Take me somewhere... don't want to live in a dream one more day..."

Parce que oui, il ne faut pas omettre de parler des textes !
Les textes d'In Flames ne sont peut être pas spécialement originaux, mais ils ont le mérite insigne de n'être pas ridicules, ni obscurs et rarement empreints de pessimisme. Ils véhiculent la plupart du temps des messages d'espoir, de courage et de force intérieure par rapport à la dure réalité de la vie, comme la magique "Trigger" (extraite de Reroute to remain).
Ou prenez juste le titre Soundtrack to your escape, une perle renfermant des trésors auditifs tels que "My sweet shadow" (qui m'a fait découvrir le groupe) ou "The Quiet Place"... n'est ce pas une porte de sortie, une échappatoire salvatrice qu'ils nous promettent ? Pour ma part, je suis déjà sauvée et je vous invite à me suivre.

Ils font également dans le mode "nous sommes ou seront tous des schizophrènes bipolaires sans repères, ainsi va le monde" avec ma particulièrement chérie "Delight and angers(A sense of purpose), une chanson triste mais motivante, une chanson "appel à l'aide" qui me transporte et m'inspire...

"Please heal me, i can't sleep... Thought i was unbreakable but this is killing me/ Call me everything, make me feel unbreakable, lie and set me free..."

Et puis pour le plaisir, le poignant et magnifique design de Come clarity, s'il vous plaît.





En clair, un mélange émotionnel aux accords parfaits: voilà l'image du groupe qui encore une fois ne décevra personne à la sortie de Sounds of a playground fading, prévu pour le printemps prochain d'après la rumeur... Une bonne nouvelle encore trop lointaine ! Et une future review à la clé, par votre serviteur.

jeudi 13 janvier 2011

& LIRE - "Pilgrim" de Timothy Findley

Ca faisait un moment que je ne vous avais pas parlé d'un auteur !

D'origine canadienne, Timothy Findley était un écrivain d'exception ainsi qu'un auteur de théâtre . N'ayant par contre pas lu ses pièces, je vous parlerais uniquement du romancier dans cet article. Il mêlait dans sa plume le réalisme et le fantastique, ce qui confère à ses oeuvres un charme déconcertant, pâtiné de mystère, de réflexion et de grandes questions, sans pour autant basculer dans l'oeuvre trop "intellectuelle", au mauvais sens du terme.

Il savait aborder des sujets comme la folie, la réincarnation (dans l'excellent "Pilgrim") , la paranoia ou l'avenir gris du monde ("Le chasseur de têtes"), tout en légèreté, et en palpitations.
Car ses intrigues sont de toute beauté ! Le style est élégant, l'histoire bien menée, sans lourdeurs, sans accrocs.




L'histoire de "Pilgrim" m'a particulièrement séduite. Le récit de cet homme aux yeux millénaires et aux multiples vies m'a littéralement emportée, c'est bien le cas de le dire.
Pilgrim est un homme dont le souhait le plus cher serait de pouvoir disparaitre, car, tel le juif errant, il dit ne pouvoir mourir. Il se réincarne depuis des siècles en des personnes radicalement différentes, de Ste Therese d'Avila à la Joconde, en passant par un intime du théâtral Oscar Wilde (auquel sera également consacré un article, soit dit en passant)... Que de destins riches et pleins de surprises cet homme a pu vivre ! Sa santé mentale est évidemment mise en doute et confiée au grand psychanalyste Carl Gustav Jung, qui vient à douter, à la lecture du journal de Pilgrim, de son propre esprit...

En somme, un voyage à travers le temps pétillant et grave, enrichissant et spirituel, accouplé à une reflexion sur les travers de l'esprit humain.

On apprécie l'attirance de l'auteur pour le thème de la folie, abordé dans plusieurs autres de ses oeuvres. Un thème qu'il semble bien connaître et qu'il maîtrise à la perfection.
Il ferait croire aux plus cartésiens que tout est possible, que tout existe, à travers la vie de Pilgrim comme à travers celle de Lilah Kemp, l'anti-héroïne déclarée schizophrène de "Chasseur de têtes", qui donne vie aux personnages du roman qu'elle lit.

jeudi 6 janvier 2011

& INTERVIEW - La GazL

Je me propose aujourd'hui de vous faire découvrir le talent d'une jeune illustratrice, La GazL.
Cette étudiante vivant à Aix-en-Provence travaille et mélange les couleurs, les matériaux et même les sujets entre eux pour aboutir à des explosions de féerie baroque, un travail créatif plein de féminité et de douceur qui vaut vraiment le détour.


Voici donc quelques réponses aux questions que nous pourrions nous poser sur son remarquable travail !


AdY - On retrouve beaucoup de motifs fleuris, de personnages féminins et imaginaires dans ton travail , qu'est ce qui t'inspire et te donne envie de représenter ces sujets ?

LG - Pour les femmes et les motifs c'est très différent.Les femmes je les ai toujours dessinées, leurs formes, leurs courbes... Je trouve le corps féminin plus harmonieux que celui des hommes, il est plus évocateur à mon sens. D'ailleurs, quand je dessine des hommes (car  je ne suis pas complètement butée !) ils ont souvent une silhouette androgyne.
Les motifs floraux c'est plus une inspiration d'actualité (depuis un an ou deux). Un jour, j'ai dessiné ces fleurs... et je les travaille de plus en plus pour les développer . J'aime bien cette esprit naturel, qui se fond avec les personnages. La plupart du temps, je les dessine en premier et après ce sont les motifs qui forment les personnages ou la suite du tableau.

AdY -Certaines de tes compos peuvent faire penser aux oeuvres de Gustav Klimt. Fait-il partie de tes influences ? En as tu d'autres moins évidentes pour le profane ?

LG - C'est vrai que mes tableaux peuvent rappeler Klimt et ça me fait toujours plaisir quand on me compare à lui! J'ai en effet d'autres inspirations telles que Tim burton pour le côté joyeux sombre, ou encore Egon Schiele dont j'admire les portraits tortueux. J'aime aussi beaucoup les mangas, Miyasaki et Takahata notamment ainsi que Leiji Matsumoto .


AdY -Comment vois tu ton avenir artistique à court terme ? As tu des projets en cours ?


LG - J'ai des projets, comptant la composition d'un book pour d'éventuelles expositions à Aix en Provence et Barcelone, ainsi que la composition d'un recueil d'illustrations à présenter au maisons d'éditions. Il faut vraiment que je commence le site internet aussi , j'ai une page facebook, La GazL Illustrations mais ce n'est pas assez pour moi! J'ai également un projet de série de dessins intitulé "Fairy Tales" qui reprendra les principaux contes de fées mais à ma sauce. Tout cela prend beaucoup de temps et avec les cours c'est un peu compliqué ... Comme je suis perfectionniste, c'est encore pire !


AdY- Comment peut-on se procurer une de tes pièces existantes? Peut-on te passer commande pour un travail précis ?


LG -Pour se procurer mes dessins, il suffit de me contacter, après c'est de l'arrangement entre particuliers. On peut aussi me passer des commandes mais j'aime bien garder une certaine liberté dans l'exécution donc c'est un exercice difficile pour moi !
 

Merci mademoiselle d'avoir répondu à mes questions, et...

Comme d'habitude, une petite sélection des oeuvres de La GazL que vous pourrez retrouver, acheter ou commander via sa page Facebook et, espérons bientôt, son site Internet !











dimanche 26 décembre 2010

& VIVRE - 30 Seconds to Mars, Londres: live report

30 Novembre 2010 : J'ai risqué ma vie pour ce live.
J'ai subi la neige, un lever plus que matinal malgré une angine carabinée pour me retrouver à hurler comme tout le monde devant les barrières de l'O2 Arena de Londres, une salle impressionnante soit dit en passant.


Laissons là les premières parties si vous permettez, Funeral Party et Enter Shikari ayant uniquement pu me faire constater à quel point certains ont le sens du ridicule.


Par contre, Thirty Seconds to Mars savent se faire attendre avec classe. Dans l'intervalle entre ces deux monuments à l'audio-ennui cités précédemment, cinq percussionnistes nous ont concocté un interlude ma foi intéressant et inhabituel. Puis, durant la (longue et pénible) attente avant leur entrée, fut projeté le très beau clip/court-métrage de "Hurricane", dernier single du groupe, où les percussions prennent d'un coup plus de sens. En parlant de sens, que celui qui aura saisi celui du clip me fasse signe car il me reste encore inconnu à ce jour...


Jared Leto dans le clip d'"Hurricane"


Les lumières s'éteignent enfin. Vingt mille hurlements simultanés plus tard, "Escape" et "Night of the Hunter" s'insinuent dans nos métabolismes, introduisant admirablement "This is war", le dernier Thirty Seconds to Mars.
Contre-jour voulu pour Jared Leto qui débarque comme une apparition dans une ambiance enfumée, embuée, totalement floue et électrisante.Il faut l'avouer tout de suite, Jared était le seul à faire le show. Avec un bassiste aux cheveux constamment devant le visage, et un batteur qui, dans son rôle de batteur, est forcément toujours derrière sa batterie, le chanteur et guitariste a forcément le beau rôle... Dans tous les sens du terme.
Un rôle qu'il a su remplir avec un talent à couper le souffle. Il est plus que rare de voir autant d'implication et de communion avec le public chez un groupe emplissant un 02 Arena. En général ces derniers font leur show millimétré/chronométré, puis quittent la scene sans un merci comme les fonctionnaires de luxe qu'ils sont devenus.
Eh bien, comme vous l 'aurez deviné, cette soirée du 30 novembre m'a emportée à des années lumières de ce triste constat.



Impressionante cette salle, on vous dit.


La salle a vibré, a vécu, s'est soulevée sous les imprécations et les traits d'humour d'un leader au charme et au charisme désarmants. Il ne jouait pas seulement pour nous mais aussi avec nous, des refrains que nous connaissions tous sur le bout des lèvres, les battements de nos coeurs en accord avec la batterie tantôt enivrante, tantôt envoûtante de Shannon Leto.
Les premiers rangs ont dû eux aussi voir une partie du live sur les deux grands écrans qui dominaient la salle, au profit de ceux qui se retrouvent "au fond" et qui ne voient pour ainsi dire rien du tout : une petite scène aménagée a accueilli Jared seul avec sa guitare, le temps de quelques chansons demandées par le public qui l'entourait ("From Yesterday", la sensuelle "Alibi"), avec une mention spéciale pour l'extrait repris de "Bad Romance" (Lady Gaga)... avant de retourner vers la scène principale pendant l'interpretation acoustique de "The Kill" qu'il a terminée avec les musiciens.
Il revint donc vers nous, une passion et un enthousiasme extatiques illuminant ses yeux azur. Il donnait la sensation de partager véritablement quelque chose avec chacun d'entre nous.



Shannon et sa guitare sur L490


Thirty seconds to Mars véhiculent une image mystique à travers un univers à la fois brillant et torturé qui se reflète dans les paroles de leurs chansons, dans leur rapport aux fans et dans l'energie incomparable qui se dégage de leurs prestations live.
Avec une large illustration de leur dernier opus (pas moins de onze chansons sur dix-sept), le groupe a voulu mettre l'accent sur ce nouveau volet ajouté à leurs faits d'armes. Entre un "Closer to the edge" aussi spectaculaire qu'on pouvait s'y attendre en regardant la vidéo, et un "L490" intimiste ave  Shannon à la guitare, on pouvait néanmoins se délecter de quelques anciens titres comme "Attack" (particulièrement puissant) ou la très energique"The fantasy" qui clôtura le live avant les rappels.


On vient à l'un des moments les plus paradoxaux de toute mon existence. Le concert touchant à sa fin, après un "Hurricane" de rappel energique et plein d'émotion, le gourou aux yeux bleus s'est avancé et a demandé au public :
"Qui veut monter sur scène pour "Kings & Queens" ?"

S'en est suivi un tourbillon surnaturel de bras levés et de "moi" hurlés.
Terrassée par mon angine, j'avais trop de mal à me faire remarquer par le chanteur, entendre le "you" magique qui faisait sortir tant de monde autour de moi. Mais là, sortant un peu du report je vais en profiter pour remercier un jeune homme de ma connaissance qui s'est demené pour obtenir ce "you"... et me faire monter à sa place...


Me faire monter !
OUI ! Me voilà sur scène avec Jared Leto ! Oui ! A me battre avec les hystériques pathétiques qui essayaient de le toucher comme s'il était un mignon petit chien. D'où le paradoxe dont je vous parlais : partagée entre le bonheur indicible et le dégoût harassé. Un rêve se réalise, et on voit en même temps l'envers du décor. Il ne nous regardait même pas, respirant l'agacement... Mais il doit en avoir l'habitude. J'étais tellement malade que je n'avais que très peu de réactions, enfermée dans une bulle cotonneuse de "je n'y crois pas encore" et de "c'est merveilleux", bousculée par la réalité stupide, pleine de joie superficielle et d'écrans immortalisant ce moment sans même en profiter.
Mais j'ai été à 20 centimètres d'une de mes idoles. J'ai chanté avec lui, avec eux, devant une salle pleine à craquer. J'ai vécu le moment à rebours, mais tout est là, à gauche dans ma poitrine. Et merci YouTube d'avoir fait le reste.






Celle là, c'est uniquement parce que je trouve sa tronche magique.




Toutes les vidéos ou presque sont des vidéos du live, histoire de vous faire vivre avec moi ce moment inoubliable.

vendredi 5 novembre 2010

& REGARDER - Willy Merry expose à Bordeaux !





 Important

Vous souvenez-vous de Willy Merry, cet illustrateur au crayon plein de sensibilité et d'humour, dont je vous parlais il y a quelque temps?
Eh bien, je vous annonce aujourd'hui sa très prochaine date d'exposition à Bordeaux !
Du 22 novembre au 15 décembre, vous pourrez admirer un éventail varié des oeuvres désarmantes de Willy chez l'Artisan Parfumeur, cours de l'intendance à Bordeaux.
Et s'il vous vient un inévitable coup de coeur, demandez ses tarifs à l'artiste lors du vernissage qui aura lieu le 22 novembre à partir de 19h.




Avec un florilège de ce que vous pourrez voir sur les murs de l'Artisan Parfumeur, je vous invite à nouveau à aller découvrir les oeuvres Willy Merryesques sur son Deviantart.

A tous les Bordelais, courez y sans tarder , et aux étrangers, ce sera pour vous l'occasion de visiter une très belle ville. Non, vraiment.

Dans tous les cas : soyez nombreux !

mardi 2 novembre 2010

& VIVRE - Avenged Sevenfold & Stone Sour : live report


Pour tous ceux qui auraient aimé être à l’Hammersmith Apollo de Londres le 31 octobre (et pour les autres qui le voudront après cet article ) à l’occasion du concert couplé d’Avenged Sevenfold & Stone Sour,  je vais me faire le plaisir mi-empathique, mi-sadique de vous donner un petit aperçu de cette excellente soirée.
Après avoir passé une journée relativement pénible à attendre sous la pluie dans l'espoir d'avoir une place devant la scène, je me retrouve à l’intérieur, un peu à l’étroit mais heureusement très bien placée.  
La première partie était assurée par Hellyeah, un groupe plutôt old school aux riffs très efficaces qui ont su éveiller un public plus ou moins léthargique à cause de l’attente. Cependant, j’avouerais ne pas avoir été subjuguée par leur prestation.
Passons aux choses sérieuses : le rideau tombe, écran de fumée, portes de cimetière frappées des initiales A7X et crânes phosphorescents : ils ont mis les petits plats dans les grands pour Halloween ! Et voilà le groupe qui déboule avec le puissant « Nightmare », tous affublés de masques monstrueux pour rester dans l’ambiance. Masques qu’ils quittent au second morceau (n’est pas Slipknot qui veut), entamant avec frénésie un concert impeccable, alternant avec une harmonie impressionnante leurs anciens morceaux les plus efficaces ( « Critical acclaim » !, « The beast and the Harlot », « Afterlife »…) avec les perles du dernier album intitulé également « Nightmare » (« Welcome to the family », « Buried Alive »..).

Celle ci est de moi, M.Shadows et Synyster Gates... Belle gratte!
Aussi, le moment aussi attendu que redouté de l’hommage à Jimmy « The Rev » Sullivan, décédé l’an dernier, n’a pas été esquivé pendant ce live. M.Shadows nous fait un petit discours, l’image derrière les portes de cimetière change pour laisser apparaître une immense illustration représentant les membres du groupe dans les bras les uns des autres, de dos, Jimmy au premier plan. Des larmes sincères m’ont échappées à ce moment et je n’étais  pas la seule, avant que le groupe n'entame la chanson écrite pour The Rev , « So Far away » (rien qu'en y pensant, j’ai la gorge serrée…), reprise en chœur par les 3500 personnes présentes.
En espérant vaguement qu’il ait pu entendre ou ressentir l’amour qui pulsait de cette salle à ce moment précis.


Le dessin pour The Rev à un live montréalais.

Avenged terminèrent leur show sur un « Almost Easy » particulièrement fort, puis les membres du groupe se précipitèrent vers l’avant de la scène avec des boîtes remplies de bonbons qu’ils firent voler dans tout le public. Eh oui, chez eux Halloween c’est sacré. Et sucré.
 Je tiens à faire la remarque que de tous les concerts que j’ai pu voir à ce jour, j’ai rarement fini aussi moulue qu’après le passage d’Avenged sevenfold. Les fans de ce groupe sont littéralement des sauvages ! Heureusement pour moi qui venait pour les deux groupes et ait failli mourir asphyxiée, certaines personnes ont quitté le premier rang après le départ d’A7X.
Le rideau remonte.
Le fait de respirer paraissait presque anormal en comparaison, pendant Stone Sour.
Parce que oui, on y vient, à Stone Sour.
Corey Taylor (chanteur du groupe mais aussi de Slipknot) est devenu mon dieu Live après ce concert. Quand le rideau est à nouveau tombé, un vent d’hésitation a parcouru la salle pendant quelques secondes avant l’éclat de rire général provoqué par ce monsieur ; arrivé déguisé en un mélange douteux entre ballerine et prostituée, il nous a coupé le souffle. Assez inhabituel comme déguisement d’Halloween, non ?

Le clou(wn) de la soirée
« J’arrive pas à comprendre comment les filles font pour porter des trucs pareils. Tout est complètement… écrasé, c’est horrible ! Mais du coup, vous voyez ce que j’peux faire pour vous les mecs, vous allez avoir un show du tonnerre ce soir ! »
Il n’a pas menti.
Si l’on veut rester objectif, la musique de Stone Sour n’est pas originale. Les morceaux sont bons, bien construits, les lyrics sont pleins d’émotion. Mais on peut y trouver un manque d’originalité, qui aujourd’hui est complètement contre-balancé par ce live exceptionnel et riche en péripéties que j’ai vécu dimanche.
Corey, malgré une réputation qui n’est plus à faire et une forte notoriété, n’a pas cessé d’interagir avec le public. Il nous a fait participer, nous a parlé, nous a remercié, faisant le pitre dans son costume, et ce toujours avec un grand sourire illuminant son visage de vieil ado. On aurait presque pu croire que c’était son premier live, tant il avait l’air heureux d’être là. Et c’est bien quelque chose que l'on attend d’eux, qu’ils nous aiment autant qu’on les aime, n’est ce pas ?
Un concert plein d’energie, plein d’enthousiasme, sans compter une interprétation sans faille, des morceaux les plus rythmés ( « Say you’ll haunt me », « Digital ») aux ballades comme « Bother » ou « Though the Glass ». Stone Sour m’ont bluffée.

Guitare à la main sur "Through the glass"

Tout ce que je peux dire pour conclure cette ébauche de live report, c’est que je suis bien contente de m’être mise à la limite de la banqueroute pour aller les voir. Et la tournée n’est pas finie (dates par ici pour Avenged Sevenfold, par là pour Stone Sour – ils ont quelques dates qui divergent… ), alors si vous êtes amoureux de musique live, n’hésitez pas, même sold out il reste toujours des places sur ebay !
 ET...
Merci à eux.